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Les Lémuriens

Les Lémuriens

Les Lémuriens

A Madagascar, 80 à 90 % de la faune et de la flore est endémique

Les lémuriens de Madagascar

Espèces endémiques

Détachée de l’Afrique, Madagascar est un vrai continent dont 80 à 90 % de sa faune et de sa flore sont endémiques. Cette originalité s’explique par un isolement qui remonte à plusieurs millions d’années de la Grande Ile dans l’océan indien. A cette particularité s’ajoute l’absence de certains prédateurs et le développement d’éco systèmes forestiers typiques ainsi qu’une gamme exceptionnelle de reliefs et de climats. C’est ce qui explique que pour la faune comme pour la flore, ce sont plus de 200 000 espèces qui ont été répertoriées. Cette liste est loin d’être close. En 10 ans, ce sont 615 espèces nouvelles qui ont été découvertes et les recherches sont loin d’être terminées.

Les lémuriens

Pour la faune, la plus emblématique des espèces endémiques est celle des lémuriens. En provenance d’Afrique, les lémuriens sont arrivés à Madagascar il y a 62 à 65 millions d’années. Ils ont traversé l’actuel canal du Mozambique sur des tapis ou radeaux de végétation. Ils ont évolué en faisant la preuve de leur capacité d’accoutumance et de diversification afin de s’adapter aux niches écologiques qui leur convenaient. Si au fil du temps certains ont acquis les caractéristiques que nous leur connaissons, d’autres ont disparu, comme l’archaeoindris fontoynonti qui atteignait la taille d’un gorille. Ce spécimen mesurait 1,5 m. pour un poids de 160 à 200 kg. L’apparition de l’homme devait accélérer la disparition de nombreuses espèces.

Nous n’allons pas nous lancer dans l’énumération des nombreuses espèces et sous-espèces de lémuriens qui peuplent la Grande Ile. Contentons-nous d’évoquer les plus connues.

Le Lémur Catta

Le plus emblématique de tous les lémuriens est le lémur catta ou Maki. C’est celui dont la photo illustre tous les articles consacrés à la Grande Ile. Avec sa queue annelée en noir et blanc il est devenu l’emblème de Madagascar. Il vit dans des groupes qui peuvent atteindre une vingtaine d’individus et qui comportent autant de mâles que de femelles, mais c’est une femelle qui domine le groupe. Le Maki se trouve principalement dans le sud de l’île dans les savanes arbustives. Son cri se rapproche du miaulement du chat. Queue comprise, il mesure de 95 à 110 centimètres et pèse de 2,3 à 3,5 kg. Il se nourrit de feuilles et de petits insectes. Les mâles s’affrontent à coup d’odeurs pestilentielles développées par des glandes situées sur leurs avant-bras et dans la région anale. La mortalité des jeunes est très élevée, près de 40°/°. La déforestation les rend très vulnérables vis-à-vis des chasseurs, de leurs prédateurs naturels et des animaux domestiques errants.

L’Indri et le Sifaka

C’est le Indri qui est le plus gros de tous les lémuriens. Il possède une toute petite queue et peut mesurer de 75 à 90 centimètres pour un poids de 8 à 12 kg. Son espérance de vie peut atteindre jusqu’à 40 ans. On le trouve dans les forêts pluviales de l’est de l’île en petit groupe de 2 à 10 individus. Il ne descend que très rarement à terre. Il se nourrit de 32 espèces différentes de feuilles dont il peut consommer jusqu’à 1,5 kg. par jour. C’est ce qui rend son élevage en captivité impossible,

Ce n’est pas le cas du propithèque couronné ou sifaka que l’on trouve dans les forêts sèches de l’ouest et du centre ouest de Madagascar. Le sifaka est le plus évolué des lémuriens. Par sa taille et son poids, de 3,7 à 4,3 kg. il se situe derrière les Indri. Il vit en petits groupes de 2 à 6 individus dominés par une femelle. Il se déplace par bonds sur deux pattes, d’arbre en arbre, les bras écartés afin de conserver l’équilibre. Si il se nourri de feuilles et de fruits, Il ne boit pas. Il s’hydrate en absorbant la rosée et l’humidité des feuilles qu’il consomme. Cette espèce qui est l’une des plus menacées à cause de la chasse a fait l’objet à partir de 1994, à l’initiative du parc zoologique de Paris, d’un programme d’élevage en captivité. La réussite de ce programme de reproduction a permis de sauver l’espèce.

L’eulemur fulvus fulvus

Parmi les lémuriens qui s’adaptent à la vie en captivité, citons l’eulemur fulvus fulvus qui est l’une des espèces les plus répandues à Madagascar. Il vit aussi bien dans les forêts humides de la côte est que dans la forêt sèche de l’ouest de l’île en groupe de 3 à 12 individus. Son pelage est court, mais dense et sa longue queue est légèrement touffue à son extrémité. Il mesure de 85 à 100 centimètres pour un poids de 2 à 3 kg. Ce lémurien s’adapte facilement au milieu dans lequel il vit. C’est ce qui explique son acclimatation en captivité.

Le varecia variegata variegata est l’un des plus gros des lémuriens après l’indri indri et le propithèque couronné. Il vit dans les forêts humides de la côte est, du cap Masoala , jusqu’à la région Manakara. Ce lémurien diurne vit en groupe de six à huit individus menés par une femelle dominante. Son magnifique pelage est le plus long et le plus touffu de toutes les autres espèces. On peut le voir s’installer bras écartés et jambes tendues, afin de profiter des rayons du soleil.

Crédit : Pierre Koval

Le hapalemur griseus est le plus petit des lémuriens diurnes. Il mesure 25/30 centimètres de long sans la queue pour un poids de 8 à 900 grammes. Il vit en groupe de 2 à 6 individus dans les forêts humides de la côte est, plus spécifiquement dans les forêts de bambous géants.

La nuit, on rencontre l’élumur mongoz de petite taille. Il mesure 35 centimètres pour un poids d’environ 2 kg. Les mâles tout comme les femelles arborent un museau blanc caractéristique de l’espèce. Il vit en petit groupe des 3 à 5 individus qui déploient leur activité la nuit. En cela, il est imité par le  Microcébus à la fois le plus petit des lémuriens et des mammifères connus.  Il mesure 22 à 28 millimètres pour un poids de 45 à 90 grammes. Il passe ses nuits à rechercher sa nourriture, insectes et fruit. Le jour il se réfugie dans le creux des arbres.

Les lémuriens comme l’ensemble de la faune et de la flore malgache sont en grand danger à plus ou moins court terme en raison de la disparition du milieu naturel et de la déforestation. Les causes en sont multiples. La forêt fait place au tzavy, la culture sur brûlis, le ramassage du bois pour la cuisine, le kitzy, les feux de brousse, doro taznety. À cela, il convient d’ajouter l’exploitation illicite des bois précieux, le trafic des espèces protégées et les exploitations minières sauvages.

A propos de l'auteur

Gérard Naal

Après des études de droit, Gérard Naal a servi pendant plus de trente ans dans divers services de la Préfecture de Police de Paris. La retraite lui a permis de revenir à sa vocation première, jusque-là contrariée : l’histoire. Gérard Naal en est venu à s’intéresser à Madagascar au travers de l’action humanitaire de son fils Jean-Christophe et de son épouse, Sapho. Pour l’intéressé, comme pour beaucoup de nos contemporains, le général Galliéni évoquait uniquement les taxis de la Marne et non pas son rôle de proconsul à Madagascar. Poussé par la curiosité et malgré toutes ses recherches, Gérard Naal a été fort surpris de constater qu’il n’existait pas de livre de vulgarisation, au bon sens du terme, consacré à l’histoire de la Grande Ile. De la lecture et de la prise de note d’éminents ouvrages qui ne risquent que d’intéresser un public averti, Gérard Naal en est venu à rédiger un livre intitulé « Abrégé d’histoire de Madagascar » publié aux éditions de l’Harmattan. Gérard Naal n’a pas la prétention d’être un historien, mais un passeur de l’histoire de Madagascar et de sa relation avec la France, sans esprit partisan et avec le recul que permet le temps écoulé.

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