Les pousse-pousse à Madagascar

Le pousse-pousse comme moyen de locomotion à Madagascar.

Le pousse-pousse

 

Un cliché

Tout comme le lémurien ou l’allée des baobabs, le pousse-pousse est l’un des clichés malgaches le plus répandus. Que ce soit à Antsirabe, Majunga ou autres localités, le ballet familier de ces véhicules à deux roues, tirés par un homme surnommé « homme cheval » qui peine entre les brancards, fait partie du spectacle de la rue.

Le pousse-pousse et son histoire

Ce véhicule qui a supplanté le palanquin au Japon, s’est exporté dans toute l’Asie et les colonies européennes. Il est arrivé à Madagascar au début du 20ème siècle avec les coolies chinois qui avaient été recrutés pour la construction des lignes de chemin de fer. Ce moyen de transport a été vite adopté par les colons. Il est devenu, associé à la colonisation, l’un des symboles de l’exploitation des autochtones. L’indépendance de Madagascar n’a pas mis fin, bien au contraire, à l’utilisation des pousse-pousse. Il est devenu le moyen de transport urbain le plus répandu avec une ahurissante capacité d’emport qui peut atteindre la tonne pour un cout de trois à cinq fois inférieur à celui d’une camionnette.

Son origine

À l’origine, les tireurs de pousse-pousse étaient des paysans partis à la ville pendant la morte-saison des travaux des champs. Aujourd’hui encore, d’octobre à mars, certains paysans se font tireurs de pousse-pousse afin de pouvoir acheter semences et autres engrais.

Crédit photo : Pierre Koval

Antsirabe et ses pousse-pousse

Rendons-nous à Antsirabe afin de mieux approcher le sort des tireurs de pousse-pousse. En raison de la discrétion qui entoure de nombreux aspects de cette activité, disons que si les chiffres qui vont suivre ne sont que des approximations, ils ne doivent pas être très éloignés de la réalité. Ce ne sont que 2% des tireurs qui sont propriétaires de leur pousse-pousse, sachant que neuf, l’engin coute 100 euros et moitié prix d’occasion. La majorité des pousse-pousse appartiendrait à une cinquantaine de propriétaires dont certains en posséderaient jusqu’à 200. Un pousse-pousse se loue pour 2 euros à la journée ; ce n’est donc qu’à partir, au minimum de la troisième course dont le prix varie de 0,40 à 0,80 euro que l’engin commence à rapporter ; d’où les rivalités effrénées que cela entraine entre les 1700 tireurs officiels et les autres pour mettre le grappin sur le client.

Les pousse-pousse, une importante filière économique

Sur chaque pousse-pousse figure un numéro d’inscription au registre de la mairie. Le tireur est censé être âgé d’au moins dix-huit ans, posséder un « permis de tirer » et faire l’objet d’une visite médicale une fois par an tandis que le pousse-pousse doit satisfaire à un contrôle technique. Les services de la mairie sont des plus discrets au sujet du montant du « permis de tirer » que chaque tireur doit acquitter. Depuis 1999, la municipalité s’efforce de limiter le nombre de tireurs de pousse-pousse en refusant toute nouvelle immatriculation, ce qui n’empêche pas les clandestins de tenter leur chance. Cette activité génère une importante filière économique qui part du tireur, du constructeur de pousse-pousse, des propriétaires d’engins, des usagers et de l’administration.

Quelle peut-être l’attitude, vis-à-vis des tireurs de pousse-pousse, pour celui qui veut pratiquer un tourisme équitable ? Bien souvent le tireur de pousse-pousse est en charge d’une famille. Il est contraint de travailler tous les jours pour un maigre revenu. Il ne possède pas d’assurance maladie ou de couverture sociale ; pas de travail, pas d’argent. Souvenons-nous que toute peine mérite salaire. Alors, que celui qui s’assure les services d’un tireur de pousse-pousse le rétribue équitablement.

À propos, les grandes métropoles comme New York , Paris et autres ne voient-elles pas les vélos taxis envahir les grandes artères touristiques. Il est vrai qu’ils bénéficient d’une assistance électrique . . .