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Le Malagasy

Malagasy

Malagasy ou Malgache est la langue nationale de Madagascar. Si aujourd’hui elle est normalisée, son épopée dont nous allons rapporter les grandes lignes mêle histoire et incertitudes.

La langue nationale de Madagascar

Origine

L’expédition de Magellan a réalisé le premier tour du monde de 1519 à 1522. Son déroulement nous est parfaitement connu grâce à la chronique écrite par l’un de ses participants, Antonio Pigafetta. Il est le premier à avoir remarqué les similitudes qui existent entre les langues malaises et malgache. On sait maintenant que cette dernière a pour origine la plus occidentale des langues malayo-polynésiennes. Elle est parlée dans une aire géographique qui s’étend des Philippines à Madagascar. Elle appartient à la plus grande branche des langues parlées de l’ouest de l’océan Indien à l’est de l’océan Pacifique en passant par l’Asie du Sud-est.

Les dialectes

C’est au début de notre ère, voire avant, que les peuples qui parlent ces langues, les Austronésiens, ont abordé Madagascar par la côte est. Les uns, les Vazimba se sont enfoncés à l’intérieur des terres tandis que les autres, les Vezo s’installaient sur les côtes. Une vingtaine de dialectes se sont développés. Au cours du temps, ils ont conservé 90°/° de vocabulaire d’origine austronésienne qui s’est enrichi d’apports bantous pour parler de l’élevage, d’arabo-swahili pour ce qui concerne le commerce, le calendrier et la divination. Des apports sanskrits ont également été constatés.

Si ce vocabulaire permet une évocation précise de concepts abstraits comme des images ou de la poésie, il est restreint pour tout ce qui concerne les sciences ou les techniques. Ces lacunes seront comblées au XIXe siècle en faisant des emprunts à l’anglais et au français.

Apparition des règles de l’orthographe

En attendant, en 1810 Radama 1er succède à son père, le roi Andrianampoinimerina, « prince désigné de l’Imerina ». Radama 1er poursuit par les armes l’extension du royaume de l’Imerina et il installe sa capitale à Tananarive. Le 23 octobre 1817 est signé avec la Grande-Bretagne un traité qui ouvre Madagascar à l’influence européenne. En 1820, des missionnaires protestants de la London Missionary Society ouvrent leur première école dans l’enceinte même du Palais de Radama 1er. Le 26 février 1823 est publié un décret qui fixe les règles de l’orthographe de la langue mérina. Jusqu’à cette date l’écriture utilisait un alphabet d’origine arabe, le sorabe, impraticable pour l’imprimerie. Il est remplacé par les caractères latins.

La langue officielle

Radama 1er décède en 1828. Sa veuve lui succède sous le nom de Ranavalona 1ère. En 1835, à la demande de la reine, soucieuse du développement de la langue, les missionnaires protestants publient une traduction de la Bible en langue Mérina. Celle-ci s’impose et devient la langue officielle du royaume de Madagascar.

 

Sous la colonisation

À partir de 1899, le nom Malagasy est francisé en Malgache. Le colonisateur impose sa langue pour l’instruction et l’administration. Le Malgache devient langue vernaculaire, cantonnée à la sphère privée. Pour gravir les échelons de la société ou plus simplement faire carrière, la connaissance du français est indispensable.

Ce n’est qu’à l’indépendance que le Malagasy retrouve son statut de langue officielle. La constitution de 2010 précise que le Malgache est langue nationale officielle, tout comme le français qui est parlé par près de 20% des Malgaches, langue que l’on retrouve dans l’enseignement secondaire.

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Au travers du temps et de l’espace, un rapprochement s’impose. Le 10 août 1539, à l’initiative du roi François 1° était publiée l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui instituait la primauté de la langue française dans les documents officiels. C’est ce que Radama 1er impose à Madagascar pour le Malagasy avec le décret du 26 février 1823. L’ordonnance de François 1er est le plus ancien texte législatif dont certaines dispositions sont encore en application en France. Souhaitons la même longévité au décret de Radama 1er.

A propos de l'auteur

Gérard Naal

Après des études de droit, Gérard Naal a servi pendant plus de trente ans dans divers services de la Préfecture de Police de Paris. La retraite lui a permis de revenir à sa vocation première, jusque-là contrariée : l’histoire. Gérard Naal en est venu à s’intéresser à Madagascar au travers de l’action humanitaire de son fils Jean-Christophe et de son épouse, Sapho. Pour l’intéressé, comme pour beaucoup de nos contemporains, le général Galliéni évoquait uniquement les taxis de la Marne et non pas son rôle de proconsul à Madagascar. Poussé par la curiosité et malgré toutes ses recherches, Gérard Naal a été fort surpris de constater qu’il n’existait pas de livre de vulgarisation, au bon sens du terme, consacré à l’histoire de la Grande Ile. De la lecture et de la prise de note d’éminents ouvrages qui ne risquent que d’intéresser un public averti, Gérard Naal en est venu à rédiger un livre intitulé « Abrégé d’histoire de Madagascar » publié aux éditions de l’Harmattan. Gérard Naal n’a pas la prétention d’être un historien, mais un passeur de l’histoire de Madagascar et de sa relation avec la France, sans esprit partisan et avec le recul que permet le temps écoulé.

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Grandes Latitudes est un organisme proposant des voyages solidaires aux adultes et familles à Madagascar dont elle est la spécialiste.

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De par ses voyages proposés et les rencontres qu’ils vont permettre, Grandes Latitudes est un outil de sensibilisation. Grandes Latitudes est également un outil de coopération, dans lequel chaque acteur est partie prenante des différents projets sociaux et humains.

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